Ransomware TPE : le guide complet pour protéger votre petite entreprise en 2025

Sommaires

Introduction : le ransomware TPE, la menace n°1 des TPE françaises en 2025

Vous savez, il y a quelques années, on pensait que les cyberattaques étaient réservées aux grandes entreprises. Aux multinationales avec leurs serveurs gigantesques et leurs millions de données clients. Mais la réalité a bien changé.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le baromètre Cybermalveillance 2025, 16% des TPE et PME françaises ont été victimes d’au moins un incident de cybersécurité au cours des 12 derniers mois. Et parmi ces attaques, les ransomwares arrivent en tête du palmarès des cauchemars d’entrepreneurs.

Aujourd’hui, les TPE sont devenues des cibles de choix. Et le ransomware, c’est un peu comme un braquage version numérique. Imaginez que quelqu’un rentre dans votre bureau, verrouille tous vos dossiers dans un coffre-fort dont vous n’avez pas la clé, et vous demande de payer pour la récupérer. C’est exactement ça, mais dans votre ordinateur.

Qu’est-ce qu’un ransomware exactement ? C’est un logiciel malveillant (aussi appelé rançongiciel en français) qui prend vos fichiers en otage. Il les crypte, les rend illisibles, inaccessibles. Et ensuite, vous voyez apparaître un message : « Payez X milliers d’euros en cryptomonnaie pour récupérer vos données ». Terrifiant, non ?

Pourquoi les petites entreprises françaises sont-elles particulièrement visées ? Eh bien, c’est assez simple quand on y pense. Les TPE ont souvent des systèmes de sécurité informatique moins sophistiqués que les grandes structures. Pas forcément par négligence, mais plutôt par manque de ressources, de temps, ou simplement de conscience du risque. D’ailleurs, 63% des TPE françaises citent le manque de connaissances et d’expertise comme principal obstacle à une bonne sécurité informatique. Les hackers le savent. Ils cherchent la cible la plus facile, celle qui va céder le plus rapidement.

L’objectif de cet article, c’est de vous donner les clés. Pas pour vous faire peur, même si le sujet mérite qu’on le prenne au sérieux. Mais pour vous armer, vous préparer, et finalement vous permettre de dormir sur vos deux oreilles. Car oui, se protéger d’un ransomware n’exige pas un budget colossal ni une équipe d’experts informatiques.


Comprendre le ransomware : comment fonctionne cette cyberattaque ?

Les 3 types de ransomware qui menacent votre TPE

Tous les ransomwares ne se ressemblent pas. C’est un peu comme les cambrioleurs, certains forcent la porte, d’autres passent par la fenêtre.

1. Les ransomwares chiffreurs (les plus courants en 2025)

Ce sont les plus redoutables. Ils cryptent vos fichiers un par un. Vos factures, vos devis, vos photos, vos bases de données clients. Tout devient inaccessible. Vous voyez les fichiers sur votre écran avec une extension bizarre (.locked, .encrypted, .crypted), mais impossible de les ouvrir. Frustrant au possible.

Les variantes les plus actives en France actuellement : LockBit, ALPHV/BlackCat, et le tristement célèbre WannaCry qui continue de faire des victimes.

2. Les bloqueurs d’écran (screenlockers)

Plus brutaux mais moins sophistiqués. Ils verrouillent carrément votre ordinateur ou votre téléphone. Vous ne pouvez plus rien faire, une fenêtre occupe tout l’écran avec le message de rançon, souvent accompagné d’un faux logo de la gendarmerie ou de la police. Heureusement, ils sont généralement plus faciles à neutraliser que les chiffreurs.

3. Les « doxware » ou ransomware à double extortion (la nouvelle tendance 2025)

Probablement les plus pernicieux. Ceux-là ne se contentent pas de bloquer vos données. Ils les volent d’abord, puis menacent de les publier sur internet si vous ne payez pas. Imaginez vos données clients, vos informations financières sensibles, vos contrats confidentiels étalés sur la place publique. C’est le cauchemar absolu pour une entreprise, surtout avec les sanctions RGPD qui planent au-dessus de votre tête.

Comment les ransomwares infectent-ils votre système ? Les 4 portes d’entrée

Comment ces menaces arrivent-elles dans vos systèmes ? Plusieurs chemins possibles, et certains sont étonnamment simples.

1. Le phishing : 90% des cyberattaques commencent par une erreur humaine

Le phishing (hameçonnage en français) reste le grand classique. Vous recevez un email qui semble légitime. Votre banque, un fournisseur, l’administration fiscale, même votre assurance. Le message est parfois truffé de fautes, mais les cybercriminels sont de plus en plus doués. Vous cliquez sur un lien, vous téléchargez une pièce jointe, vous saisissez vos identifiants, et hop, la porte est ouverte.

Exemple concret : « Votre facture Bouygues Telecom du 15/01/2025 – Cliquez ici pour télécharger ». Vous n’êtes même pas client Bouygues ? Peu importe, un employé distrait peut cliquer machinalement.

L’erreur humaine, c’est encore la faille la plus exploitée. On a beau se croire malin, un moment d’inattention suffit. C’est pour ça que l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) insiste : 90% des cyberattaques trouvent leur origine dans une erreur humaine.

2. Les pièces jointes malveillantes

C’est le cousin du phishing. Un PDF qui a l’air innocent, une facture à télécharger, un bon de commande, un CV pour un recrutement. Vous ouvrez le fichier et… trop tard. Le logiciel malveillant s’installe en quelques secondes, souvent sans que votre antivirus ne bronche si celui-ci n’est pas à jour.

3. Les sites web compromis (drive-by download)

Vous visitez un site apparemment normal, même un site que vous connaissez et fréquentez régulièrement, mais qui a été infecté à l’insu de son propriétaire. Le simple fait de naviguer dessus peut suffire à télécharger un ransomware sur votre machine. C’est particulièrement vicieux car vous n’avez rien fait de « suspect ».

4. Les failles de sécurité non corrigées

Chaque programme, chaque système d’exploitation a ses vulnérabilités. C’est pour ça que Microsoft, Apple et les autres éditeurs sortent constamment des mises à jour de sécurité. Ne pas les installer, c’est comme laisser la fenêtre ouverte en partant en vacances avec un panneau « Maison vide ». Les cybercriminels scannent en permanence internet à la recherche d’ordinateurs avec des failles connues.

Un exemple parlant : en 2024, une vulnérabilité dans un logiciel de comptabilité très utilisé par les TPE françaises a permis des milliers d’infections en quelques semaines. Ceux qui avaient fait la mise à jour étaient protégés. Les autres…


Ransomware TPE : le vrai coût d’une attaque (bien au-delà de la rançon)

La rançon n’est que la partie émergée de l’iceberg

Parlons argent. Parce que oui, c’est souvent ce qui fait le plus mal au portefeuille d’un entrepreneur.

Le montant de la rançon en 2025 ? Elle varie généralement entre 500€ et 50 000€ pour une TPE, avec une moyenne qui tourne autour de 3 000€ à 5 000€. Les cybercriminels adaptent leurs demandes à la taille de leur victime. Ils savent qu’une TPE ne peut pas payer 100 000€, alors ils « ajustent » leur prix.

Mais franchement, la rançon, c’est juste la partie visible de l’iceberg. Le reste, c’est souvent bien pire.

Les coûts cachés qui peuvent tuer votre entreprise

1. La perte de productivité : l’hémorragie silencieuse

Vos employés ne peuvent plus travailler. Les systèmes sont bloqués. Les commandes s’accumulent, les clients attendent, les fournisseurs s’inquiètent, et vous, vous êtes complètement paralysé.

Combien de temps pour récupérer ? D’après les statistiques de Cybermalveillance.gouv.fr, la durée moyenne d’interruption est de 21 jours pour une TPE. Vingt et un jours ! Pour une entreprise qui vit au jour le jour, ça peut être fatal. J’ai vu des entreprises mettre trois mois à retrouver un fonctionnement normal, et certaines n’ont jamais rouvert leurs portes.

Calcul rapide : 3 employés à 150€/jour pendant 21 jours = 9 450€ de masse salariale payée sans production. Et je ne compte même pas le chiffre d’affaires perdu.

2. L’atteinte à la réputation : la tache indélébile

On en parle moins, mais elle est redoutable. En 2025, 82% des TPE françaises citent leur réputation comme une préoccupation majeure en cas de cyberattaque. Et pour cause.

Vos clients vous font confiance avec leurs données personnelles. Si ces données sont compromises, cette confiance s’évapore. Dans un monde où tout se sait, où les avis Google circulent à la vitesse de la lumière, où un post Facebook peut faire le tour de votre ville en une heure, une mauvaise publicité peut tuer une petite entreprise plus sûrement qu’une grosse amende.

Exemple réel : Un cabinet d’expertise comptable de 8 personnes dans la région lyonnaise a perdu 40% de ses clients dans les 6 mois suivant une attaque ransomware qui avait exposé des données fiscales. Quatre ans plus tard, ils n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’activité d’avant l’attaque.

3. Les coûts de remédiation : la facture technique

Une fois l’attaque survenue, il faut réparer. Et ça coûte cher.

Les dépenses s’empilent :

  • Expert en cybersécurité : 800€ à 2 000€/jour (comptez 3 à 5 jours minimum)
  • Reconstruction du système : formatage, réinstallation, reconfiguration = 2 à 5 jours de travail
  • Nouveaux équipements si certains sont trop compromis : 500€ à 3 000€
  • Avocat spécialisé RGPD en cas de fuite de données clients : 1 500€ à 5 000€
  • Communication de crise : lettres aux clients, gestion de la réputation = 1 000€ à 3 000€

Total moyen pour une TPE : entre 15 000€ et 50 000€, même sans payer la rançon. Pour une structure de moins de 10 salariés, c’est énorme. C’est parfois plusieurs mois de bénéfices qui partent en fumée.

4. Les sanctions RGPD : le coup de grâce administratif

Le RGPD ne rigole pas avec la protection des données personnelles. Si des informations clients sont exposées à cause d’une « négligence » de votre part (pas de sauvegarde, systèmes non à jour, absence de sensibilisation), les sanctions peuvent être lourdes. Vraiment lourdes.

Les amendes peuvent atteindre jusqu’à 4% de votre chiffre d’affaires annuel, ou 20 millions d’euros (on retient le montant le plus élevé). Bon, pour une TPE, on ne va pas jusqu’à 20 millions, mais même 10 000€ ou 20 000€ d’amende, ça fait très mal.

Sans compter que vous avez 72 heures maximum pour notifier la CNIL en cas de violation de données. Impossible si vous êtes encore en train d’évaluer les dégâts.


Comment protéger votre TPE contre les ransomwares ? Le plan d’action en 5 étapes

Bon, assez parlé des problèmes. Comment on se protège concrètement ? Voici votre plan de bataille, étape par étape.

Étape 1 : Former vos employés (votre première ligne de défense)

La sensibilisation de vos équipes, c’est votre rempart numéro un. Et de loin le plus important. Pourquoi ? Parce que 90% des infections arrivent par une erreur humaine.

Ce qu’il faut faire concrètement :

Organisez une session de formation trimestrielle (même 30 minutes suffisent)

  • Montrez à quoi ressemble un vrai email de phishing
  • Faites des tests en envoyant de faux emails piégés (avec leur accord)
  • Récompensez ceux qui signalent les tentatives suspectes

Créez une culture du doute positif Vos employés doivent se sentir à l’aise de dire « j’ai un doute sur cet email » sans avoir l’air ridicules. Mettez en place un canal de communication simple : un groupe WhatsApp, un email dédié, peu importe. L’important, c’est qu’ils puissent demander confirmation facilement.

Les règles d’or à marteler :

  • Ne jamais cliquer sur un lien dans un email non sollicité
  • Ne jamais ouvrir une pièce jointe suspecte
  • Vérifier l’adresse email de l’expéditeur (pas juste le nom affiché)
  • En cas de doute, appeler directement l’entreprise censée avoir envoyé le message

Ressource gratuite : Cybermalveillance.gouv.fr propose des kits de sensibilisation gratuits spécialement conçus pour les TPE. Servez-vous !

Étape 2 : Maintenir vos systèmes à jour (non négociable)

Les mises à jour, je sais, c’est ennuyeux. Ça prend du temps, ça redémarre l’ordinateur au pire moment, ça casse parfois un logiciel qui marchait bien. Mais franchement, c’est absolument non négociable.

Pourquoi c’est si important ?

Chaque mise à jour de sécurité corrige des failles que les hackers connaissent déjà et exploitent activement. Ne pas faire les mises à jour, c’est comme si vous laissiez les clés sur la porte avec un panneau « Entrez, c’est ouvert ».

Le plan d’action :

Activez les mises à jour automatiques partout où c’est possible :

  • Windows Update (ou Mac OS)
  • Vos logiciels de comptabilité (EBP, Cegid, Sage…)
  • Vos navigateurs web (Chrome, Firefox, Edge)
  • Adobe Reader, Java, et tous les logiciels que vous utilisez quotidiennement

Programmez une plage horaire dédiée Si vraiment les redémarrages vous dérangent en journée, programmez-les le soir ou le week-end. Mais ne les désactivez JAMAIS complètement.

Faites un inventaire mensuel Une fois par mois, vérifiez que tous vos postes et logiciels sont bien à jour. C’est 15 minutes qui peuvent vous éviter des milliers d’euros de dégâts.

Étape 3 : Installer des outils de protection professionnels

L’antivirus : votre garde du corps numérique

Non, celui gratuit qui vient avec Windows ne suffit pas pour une entreprise. Je sais qu’on aimerait tous économiser, mais c’est vraiment l’endroit où il ne faut pas lésiner.

Solutions recommandées pour TPE en 2025 :

  • Bitdefender Business Security : à partir de 50€/an/poste
  • ESET Endpoint Protection : environ 40€/an/poste
  • Kaspersky Small Office Security : à partir de 45€/an/poste

Ces solutions professionnelles incluent :

  • Protection antivirus et antimalware en temps réel
  • Détection comportementale (repère les actions suspectes même de virus inconnus)
  • Pare-feu intégré
  • Protection de la messagerie
  • Mises à jour automatiques

Coût réel : Pour une TPE de 5 postes, comptez entre 200€ et 300€/an. C’est moins cher qu’un déjeuner client par mois, et ça peut vous éviter une catastrophe à 50 000€.

Le pare-feu : le gardien de votre réseau

Windows et Mac ont un pare-feu intégré, c’est déjà ça. Mais si vous avez plusieurs postes connectés, un serveur, ou même juste une box internet récente, investissez dans un pare-feu professionnel ou au minimum configurez correctement celui de votre box.

Le filtre anti-spam : trier le bon grain de l’ivraie

La plupart des services de messagerie professionnelle (Microsoft 365, Google Workspace) incluent déjà un filtre anti-spam efficace. Assurez-vous qu’il soit bien activé et correctement paramétré.

Étape 4 : La sauvegarde – votre assurance-vie numérique (LE conseil le plus important)

Écoutez-moi bien, parce que c’est probablement le conseil le plus important de tout cet article.

Sauvegardez vos données. Régulièrement. Systématiquement. Sans exception.

Pourquoi ? Parce que si vous avez une bonne sauvegarde récente, un ransomware devient juste… une grosse contrariété. Pas une catastrophe. Vous n’avez pas à payer la rançon, vous n’avez pas à négocier avec des criminels, vous restaurez vos fichiers et c’est reparti.

La règle d’or : 3-2-1

C’est un classique de la sécurité informatique, et il n’a pas pris une ride :

  • 3 copies de vos données (l’original + 2 sauvegardes)
  • Sur 2 supports différents (par exemple : disque dur externe + cloud)
  • Avec 1 copie hors site (le cloud, ou un disque dans un autre lieu)

Les différentes solutions de sauvegarde :

Option 1 : La sauvegarde locale (disque dur externe)

  • Avantages : Rapide, pas cher (50€ à 150€), vous gardez le contrôle
  • Inconvénients : Si le disque est connecté en permanence, le ransomware peut l’infecter aussi. Si incendie ou vol, tout est perdu.
  • Solution : Branchez le disque uniquement pendant la sauvegarde, puis débranchez-le

Option 2 : La sauvegarde cloud

  • Avantages : Vos données sont ailleurs, hors d’atteinte des ransomwares locaux. Accessible de partout. Protection contre l’incendie/vol.
  • Inconvénients : Coût mensuel (mais raisonnable). Besoin d’une bonne connexion internet.
  • Solutions recommandées :
    • Dropbox Business : à partir de 12€/mois/utilisateur
    • Microsoft OneDrive Entreprise : inclus dans Microsoft 365
    • Google Drive Professionnel : inclus dans Google Workspace
    • Solutions spécialisées backup : Acronis, Veeam (plus technique)

Option 3 : La solution hybride (RECOMMANDÉ) Combinez les deux approches. Sauvegarde locale quotidienne pour la rapidité, sauvegarde cloud hebdomadaire pour la sécurité. C’est le meilleur compromis.

La fréquence de sauvegarde :

  • Données critiques (facturation, comptabilité) : quotidienne, voire plusieurs fois par jour
  • Données importantes (documents, emails) : quotidienne
  • Données moins critiques : hebdomadaire

CRUCIAL : Testez vos sauvegardes !

Je ne compte plus les histoires d’entreprises qui croyaient être protégées, jusqu’au jour où elles ont découvert que leurs sauvegardes ne fonctionnaient pas. Le fichier était corrompu, le cloud n’était pas synchronisé, le disque dur était tombé en panne…

Testez une restauration tous les 3 mois. Prenez quelques fichiers au hasard et essayez de les restaurer. C’est la seule façon d’être sûr que ça marchera le jour où vous en aurez vraiment besoin.

Étape 5 : Mettre en place une politique de sécurité simple mais efficace

Ça peut paraître intimidant dit comme ça, mais en réalité, c’est juste du bon sens écrit noir sur blanc.

Votre politique de sécurité TPE en 10 points :

  1. Mots de passe robustes obligatoires : minimum 12 caractères, avec majuscules, minuscules, chiffres et symboles
  2. Pas de partage de mots de passe entre collègues
  3. Authentification à deux facteurs (2FA) activée sur tous les comptes critiques
  4. Verrouillage automatique des écrans après 5 minutes d’inactivité
  5. Pas de logiciels personnels installés sans validation
  6. Pas de clés USB personnelles sur les ordinateurs professionnels
  7. Signalement immédiat de tout comportement suspect
  8. Sauvegarde vérifiée chaque semaine
  9. Mises à jour effectuées dans les 48h
  10. Formation cybersécurité trimestrielle pour tous

Imprimez ces règles, affichez-les, et surtout, appliquez-les vous-même en premier. L’exemple vient d’en haut.


Votre TPE est victime d’un ransomware : le plan d’urgence en 6 étapes

Malgré toutes les précautions, ça peut arriver. La perfection n’existe pas en cybersécurité. Que faire dans ce cas ? Voici votre procédure d’urgence.

Étape 1 : Isoler immédiatement (les 5 premières minutes)

Dès que vous suspectez une infection :

ACTION IMMÉDIATE :

  1. Débranchez PHYSIQUEMENT le câble réseau de la machine infectée (ou coupez le WiFi)
  2. N’éteignez PAS l’ordinateur (des données en mémoire pourraient aider l’enquête)
  3. Prenez une photo du message de rançon avec votre téléphone
  4. Notez l’heure exacte de la découverte

Pourquoi c’est crucial ? L’objectif est d’empêcher le ransomware de se propager aux autres ordinateurs du réseau, au serveur, ou à vos sauvegardes réseau. Chaque seconde compte. Une fois qu’il a contaminé tout votre parc informatique, c’est 10 fois plus compliqué.

Les autres machines : Vérifiez rapidement les autres postes. Si vous voyez des signes d’infection (fichiers avec extensions bizarres, lenteur inhabituelle), isolez-les aussi.

Étape 2 : Ne payez pas la rançon (sauf cas extrême)

Je sais, c’est tentant quand on est dos au mur, désespéré, avec des clients qui attendent et la pression qui monte. Mais statistiquement, payer est une mauvaise idée.

Les chiffres qui font réfléchir :

  • Seulement 65% de ceux qui paient récupèrent leurs données (source : Sophos State of Ransomware 2024)
  • Et même dans ce cas, rarement la totalité des fichiers
  • 29% des victimes qui paient subissent une seconde attaque dans les 6 mois (ils sont identifiés comme « payeurs »)

Pourquoi ne pas payer ?

  • Vous financez des organisations criminelles
  • Aucune garantie de récupération
  • Vous vous mettez une cible dans le dos
  • C’est parfois illégal (si les criminels sont sous sanctions internationales)

L’exception : Si vous n’avez absolument aucune sauvegarde, que les données sont vitales pour votre survie (dossiers médicaux, données clients uniques), et que vous avez épuisé toutes les autres options, alors le paiement peut être envisagé. Mais vraiment en dernier recours, et accompagné d’un avocat spécialisé.

Étape 3 : Identifier le ransomware (les 2 premières heures)

Savoir quel ransomware vous a touché peut changer la donne.

Outils gratuits pour identifier la variante :

  • ID Ransomware (id-ransomware.malwarehunterteam.com) : uploadez le message de rançon ou un fichier crypté
  • Crypto Sheriff de Europol (nomoreransom.org)

Ces outils analysent la « signature » du ransomware et vous disent :

  • Son nom
  • S’il existe un décrypteur gratuit
  • Les recommandations spécifiques

Étape 4 : Déclarer l’incident aux autorités

C’est obligatoire et gratuit. Ne négligez pas cette étape.

Qui appeler ?

  1. Cybermalveillance.gouv.fr :
    • Plateforme officielle gratuite
    • Diagnostic en ligne
    • Mise en relation avec des prestataires
    • Assistance téléphonique
  2. Gendarmerie ou Police :
    • Déposez plainte (même si peu d’espoir de retrouver les auteurs)
    • Document officiel utile pour l’assurance
    • Contribution aux statistiques nationales
  3. CNIL (si données personnelles exposées) :
    • Notification obligatoire sous 72h
    • Formulaire en ligne sur cnil.fr
    • Pas forcément de sanction si vous avez été diligent

Étape 5 : Tenter la récupération

Vous avez plusieurs options, par ordre de préférence :

Option A : Restaurer depuis vos sauvegardes ✅ (LA meilleure solution)

Si vous avez suivi mes conseils de sauvegarde, c’est le moment de briller :

  1. Nettoyez complètement les machines infectées (formatage si nécessaire)
  2. Réinstallez le système d’exploitation
  3. Installez un antivirus avant tout autre chose
  4. Restaurez vos données depuis la sauvegarde la plus récente

Vous perdez peut-être quelques heures ou quelques jours de travail, mais c’est incomparable avec une perte totale.

Option B : Utiliser un décrypteur gratuit (si disponible)

Le projet No More Ransom (nomoreransom.org) est une initiative d’Europol qui propose gratuitement plus de 100 décrypteurs pour différents ransomwares. Ça ne marche que sur des versions anciennes ou mal codées, mais ça vaut le coup d’essayer.

Option C : Faire appel à des experts

Si les deux premières options échouent, contactez une entreprise spécialisée en cybersécurité. Coût : 1 500€ à 5 000€ selon la complexité, mais leur expertise peut faire la différence.

Entreprises recommandées :

  • Les prestataires labellisés ExpertCyber (liste sur cybermalveillance.gouv.fr)
  • Votre prestataire informatique habituel (s’il est compétent)

Ils pourront :

  • Analyser l’attaque en profondeur
  • Récupérer des données partielles
  • Identifier les failles exploitées
  • Sécuriser votre système pour éviter une nouvelle attaque

Étape 6 : Reconstruire en sécurisant (la semaine suivante)

Une fois la crise gérée, il est temps de reconstruire. Mais pas comme avant.

Le plan de reconstruction :

Audit complet de sécurité

  • Quelles failles ont permis l’attaque ?
  • Où étaient les points faibles ?
  • Qui a cliqué sur quoi ?

Renforcement de la sécurité

  • Installer/mettre à jour l’antivirus sur TOUS les postes
  • Changer TOUS les mots de passe
  • Activer l’authentification à deux facteurs partout
  • Former à nouveau tous les employés (session d’urgence)

Communiquer avec transparence Si des données clients ont été exposées, vous avez une obligation légale et morale d’informer les personnes concernées. Préparez une communication claire :

  • Ce qui s’est passé
  • Quelles données ont été touchées
  • Ce que vous faites pour y remédier
  • Les précautions qu’elles peuvent prendre

Vérifier vos assurances Certaines assurances professionnelles incluent une couverture cyber. C’est le moment de vérifier et éventuellement de souscrire une cyber-assurance spécifique (coût : 500€ à 3 000€/an pour une TPE).


Budget cybersécurité TPE : combien ça coûte vraiment de se protéger ?

Parlons chiffres concrets. Parce qu’on entend souvent « la cybersécurité c’est trop cher pour les TPE ». Vraiment ?

L’investissement minimum pour une protection correcte

Pour une TPE de 5 salariés, voici le budget annuel réaliste :

Poste de dépense Coût annuel Priorité
Antivirus professionnel (5 licences) 250€ Critique
Sauvegarde cloud (200 Go) 150€ Critique
Disque dur externe sauvegarde locale 80€ (one-time) Important
Formation cybersécurité (1 session) 200€ Important
VPN professionnel (si télétravail) 120€ Recommandé
Gestionnaire de mots de passe 60€ Recommandé
TOTAL PREMIÈRE ANNÉE 860€
TOTAL ANNÉES SUIVANTES 780€/an

Soit environ 65€ par mois. Moins cher qu’un abonnement internet professionnel.

Comparé aux 15 000€ à 50 000€ que coûte en moyenne une attaque ransomware, le retour sur investissement est évident.

Les aides et dispositifs de financement pour les TPE françaises

Bonne nouvelle : l’État français a mis en place plusieurs dispositifs pour aider les TPE à se protéger.

1. Chèque Diagnostic Cyber (Île-de-France)

  • Subvention jusqu’à 5 000€
  • Finance un diagnostic de sécurité complet
  • Éligible : entreprises de moins de 50 salariés

2. Programme Cyber PME (BpiFrance)

  • Diagnostic cybersécurité subventionné à 50%
  • Reste à charge : 4 400€ HT
  • Subvention de 30 000€ à 80 000€ pour financer le plan d’action (70% des dépenses)

3. France Num (national)

  • Accompagnement gratuit
  • Formations en ligne gratuites
  • Annuaire de prestataires labellisés

Comment en bénéficier ? Rendez-vous sur francenum.gouv.fr ou cybermalveillance.gouv.fr pour connaître votre éligibilité et monter votre dossier.


Questions fréquentes sur les ransomwares TPE (FAQ)

Combien coûte un ransomware pour une TPE française ?

Le coût total moyen se situe entre 15 000€ et 50 000€, incluant :

  • La rançon demandée (3 000€ à 5 000€ en moyenne)
  • La perte de productivité (21 jours d’interruption en moyenne)
  • Les coûts de remédiation (experts, matériel, reconstruction)
  • Les impacts commerciaux et réputation

Sans sauvegarde, ce coût peut grimper à 100 000€ ou plus.

Faut-il payer la rançon d’un ransomware ?

Non, dans 90% des cas. Les raisons :

  • Seulement 65% récupèrent leurs données après paiement
  • Vous financez le crime organisé
  • Vous devenez une cible récurrente
  • C’est parfois illégal

Exception : Dernier recours uniquement si aucune sauvegarde, données absolument critiques, et accompagnement juridique.

Comment savoir si j’ai un ransomware sur mon ordinateur ?

Les signes qui ne trompent pas :

  • Vos fichiers ont une extension bizarre (.locked, .encrypted, .crypted)
  • Impossible d’ouvrir vos documents habituels
  • Un message de rançon s’affiche (souvent en plein écran)
  • Ralentissement soudain et important du système
  • L’antivirus affiche de multiples alertes

Action immédiate : Débranchez du réseau et appelez Cybermalveillance.gouv.fr

Quel est le meilleur antivirus pour une TPE en 2025 ?

Les 3 meilleurs pour les petites entreprises françaises :

  1. Bitdefender Business Security – Excellent rapport qualité/prix
  2. ESET Endpoint Protection – Très léger, peu gourmand en ressources
  3. Kaspersky Small Office Security – Interface simple, protection robuste

À éviter : Les antivirus gratuits pour un usage professionnel. Investissez les 50€/an/poste.

Combien de temps pour récupérer après une attaque ransomware ?

Avec sauvegardes récentes : 2 à 5 jours Sans sauvegardes : 3 à 8 semaines (parfois jamais complètement)

D’où l’importance capitale des sauvegardes régulières et testées.

Les ransomwares touchent-ils aussi les Mac et Linux ?

Oui, mais moins fréquemment. Windows représente encore 85% des cibles car :

  • Part de marché plus importante dans les entreprises
  • Plus de logiciels = plus de failles potentielles
  • Les hackers suivent la masse

Mais attention : Les attaques sur Mac et Linux sont en augmentation (+40% en 2024). Aucun système n’est invulnérable.

Puis-je récupérer mes fichiers gratuitement après un ransomware ?

Parfois oui. Tentez dans l’ordre :

  1. No More Ransom (nomoreransom.org) – 100+ décrypteurs gratuits
  2. ID Ransomware – Identification + solutions
  3. Vos sauvegardes (si vous en avez)
  4. Expert en récupération de données (payant, pas toujours efficace)

Le taux de réussite dépend entièrement du type de ransomware et de votre préparation.

Comment former mes employés à reconnaître le phishing ?

3 méthodes efficaces :

  1. Sessions courtes trimestrielles (30 min suffisent)
    • Montrer de vrais exemples d’emails piégés
    • Faire des quiz interactifs
    • Récompenser la vigilance
  2. Simulations de phishing (avec leur consentement)
    • Envoyez de faux emails de test
    • Notez qui clique
    • Formation complémentaire pour ceux qui se font piéger
  3. Ressources gratuites :
    • Kits Cybermalveillance.gouv.fr
    • Vidéos courtes sur YouTube
    • Affiches « les 5 signes d’un email suspect » à imprimer

Budget : 0€ à 500€/an selon si vous le faites vous-même ou faites appel à un formateur.


Ressources et outils gratuits pour protéger votre TPE

Sites officiels français

Cybermalveillance.gouv.fr

  • Plateforme d’assistance gratuite
  • Diagnostic en ligne
  • Mise en relation avec prestataires labellisés
  • Kits de sensibilisation gratuits

ANSSI (cyber.gouv.fr)

  • Guide « La cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions » (PDF gratuit)
  • Alertes de sécurité
  • Recommandations techniques

France Num (francenum.gouv.fr)

  • Accompagnement transformation numérique
  • Annuaire de prestataires
  • Formations gratuites en ligne

Outils gratuits recommandés

Identification de ransomware

  • ID Ransomware : id-ransomware.malwarehunterteam.com
  • Crypto Sheriff : nomoreransom.org/crypto-sheriff

Décrypteurs gratuits

  • No More Ransom : nomoreransom.org (100+ décrypteurs)
  • Avast Free Ransomware Decryption Tools

Gestionnaire de mots de passe

  • Bitwarden (version gratuite très complète)
  • KeePass (open source)

Test de vos mots de passe

  • Have I Been Pwned : haveibeenpwned.com (vérifier si vos emails sont compromis)

Checklist téléchargeable (bonus)

[Téléchargez gratuitement notre checklist « Plan Anti-Ransomware TPE en 20 points »]

Inclut :

  • ✅ Les vérifications mensuelles obligatoires
  • ✅ Le plan d’urgence en cas d’attaque
  • ✅ Les coordonnées essentielles (ANSSI, Cybermalveillance, etc.)
  • ✅ Le calendrier de sauvegarde type

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Conclusion : votre TPE mérite d’être protégée numériquement

Les ransomwares ne sont plus une menace lointaine qui touche « les autres ». En France, 16% des TPE ont subi une cyberattaque en 2024. C’est une entreprise sur six. Votre voisin, votre concurrent, peut-être vous demain si vous ne faites rien.

Mais vous n’êtes pas démuni pour autant. Et surtout, vous n’avez pas besoin d’un budget colossal pour vous protéger efficacement.

Retenez les 5 actions essentielles :

  1. Formez vos employés – 90% des attaques passent par l’humain
  2. Sauvegardez religieusement – règle 3-2-1 non négociable
  3. Maintenez tout à jour – systèmes ET logiciels, sans exception
  4. Investissez dans de bons outils – antivirus pro + protection multicouche
  5. Testez votre dispositif – exercice de restauration tous les 3 mois

Ces quelques gestes, appliqués avec régularité, peuvent faire toute la différence entre une crise gérable et un désastre qui met en péril votre entreprise.

Le ransomware TPE n’est pas une fatalité. Avec 65€ par mois et un peu de méthode, vous pouvez transformer votre petite structure en forteresse numérique. Pas besoin d’une équipe d’experts informatiques ou d’un budget à six chiffres. Juste de la rigueur, de la vigilance, et une bonne dose de bon sens.

Les cybercriminels comptent sur votre négligence. Ne leur facilitez pas la tâche.

Alors prenez le temps, dès aujourd’hui, de vérifier où en est votre protection. Faites un point sur vos sauvegardes (quand remonte la dernière ? fonctionne-t-elle vraiment ?). Discutez avec vos employés (savent-ils reconnaître un email de phishing ?). Vérifiez vos mises à jour (combien de logiciels attendent depuis des mois ?).

Parce que votre entreprise mérite d’être défendue. Numériquement aussi.


Vous avez des questions sur la sécurité de votre TPE ? Laissez un commentaire ci-dessous, je réponds personnellement à tous les messages dans les 24h.

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Articles complémentaires à lire :

  • [Phishing : Les 10 signes qui ne trompent jamais] (lien interne si article existe)
  • [RGPD et TPE : Êtes-vous vraiment en conformité ?] (lien interne si article existe)
  • [Comment créer des mots de passe inviolables en 2025] (lien interne si article existe)

Sources et références :

  • Baromètre de la maturité cyber des TPE-PME 2025, Cybermalveillance.gouv.fr
  • Guide « La cybersécurité pour les TPE/PME en 13 questions », ANSSI
  • State of Ransomware Report 2024, Sophos
  • Étude Cisco sur la cybersécurité des entreprises françaises

Dernière mise à jour : Octobre 2025

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