Ce terme désigne une devise virtuelle ou électronique car celle-ci est intangible. Les échanges se font de pair-a-pair sur un système informatique décentralisé appelé blockchain, permanemment tenu à jour et réputé pour son inviolabilité.

Qu’est-ce qu’une crypto-monnaie ?

Les Banques centrales et les Etats ne peuvent et ne pourront contrôler la majorité des crypto-monnaies : la blockchain sert de banque centrale dans cet environnement de crypto-monnaies et est utilisée pour lister toutes les transactions effectuées dans une crypto-monnaie sur un grand livre de compte et à fournir des règlements.

Ainsi que l’explique Edouard Lamoine, ce livre de compte est accessible à tous sur internet. Tous les détails relatifs aux transactions y sont intégrés : le montant, les adresses des pairs, de même qu’une empreinte cryptographique. Certaines transactions peuvent être rendues volontairement intraçables, Edouard Lamoine nous donne l’exemple du Monero, une crypto-monnaie visant à rendre totalement anonymes ses utilisateurs.

Les dénigreur des crypto-monnaies tels que la Banque de France, préfèrent les désigner sous le terme de « crypto-actifs ». Légalement parlant, les crypto-monnaies ne sont ni des unités de compte, ni des intermédiaires d’échanges, ni des réserves de valeur. Elles ne peuvent donc faire office de monnaie au sens propre du terme.

Les crypto-monnaies peuvent être achetées en ligne

Il est possible d’acquérir les crypto-monnaies par le biais d’une plateforme de change en ligne. Plus il y a de transactions sur la plateforme, plus y a d’affaires réalisées, plus celle-ci est crédible et professionnelle. Veillez aussi à vous renseigner sur les types d’informations demandés aux usagers du site surtout aux potentiels acquéreurs. Comme le souligne Lamoine, les plateformes d’échanges sont pour la plupart tenues de soumettre leurs utilisateurs à un KYC (Know Your Customer) strict proche d’un KYC bancaire, ce à cause des régulations.

Il est possible selon le contexte, d’acquérir des crypto-monnaies en échange de biens, de services ou d’argent. Dans le cas des crypto-monnaies, en ce qui concerne leur évolution, on ne peut parler de « cours » au sens propre du terme, car celles-ci sont extrêmement volatiles pour la majorité.

Les crypto-monnaies sont donc des monnaies intangibles, privées, permettant à leurs propriétaires d’acquérir des services et des biens spécifiques sans pour autant disposer de compte en banque.

A travers le monde, il existe plus de 1600 crypto-monnaies différentes et celles-ci représentent d’ailleurs en zone euro, 0,2% des transactions totales. Parmi cette panoplie de monnaies, les trois les plus utilisées sont le Bitcoin, le Ripple et l’Ether. Elles sont capitalisées chacune respectivement à 109 milliards d’euros, 50 milliards d’euros et 22 milliards d’euros.

Le ministère de l’économie donne lui aussi sa définition

Un rapport transmis au ministre de l’économie et des finances le 4 juillet par Jean-Pierre Landau, permet de les définir par trois caractéristiques :

  • Elles sont intangibles, représentées de manière numérique, ne sont émises ni par des banques centrales, ni par des institutions monétaires ou de crédit ;

  • Ce sont des monnaies cryptées, conçues pour communiquer de la valeur sur internet, dans un milieu sécurisé et ouvert ;

  • Elles sont pour la plupart prises en charge par un système décentralisé utilisant une technologie appelée blockchain

Les crypto-monnaies ont vu le jour presque en même temps qu’internet, mais leur usage n’a vraiment pris de l’ampleur qu’avec le bitcoin développé en 2009 par « Satoshi Nakamoto ». Les transactions réalisées s’élèvent à plus de 80 transactions par minute, ce qui reste néanmoins très loin des transactions réalisées via MasterCard et cartes visa, soit 100 000 transactions par minute.

Les pouvoirs publics, ont le regard de plus en plus braqué sur l’environnement des crypto-monnaies et sur les moyens de détourner celui-ci à des fins douteuses. Le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et toutes autres activités criminelles seraient dès lors favorisées, notamment grâce à l’anonymat pendant les transactions.

Et la Blockchain dans tout ça ?

La blockchain est une architecture assez complexe, qui régit la sécurisation des échanges à base de crypto-monnaies. Contrairement aux systèmes hiérarchisés et centralisés des monnaies courantes, la blockchain permet une gestion libre et décentralisée de la monnaie sans passer par le biais d’un tiers de confiance.

L’entièreté des transactions effectuées sont regroupées et stockées sur des blocs successifs, liés les uns aux autres et numérotés. Un lien cryptographique est ensuite établi entre chaque bloc.

Les cryptos-actifs sont souvent représentés numériquement par des jetons numériques, pouvant transiter sur internet et passer de pair-a-pair sans pour autant nécessiter une preuve d’identité et avec pour but de servir de paiement.

La vision d’Edouard Lamoine du futur des crypto-monnaies

Leur apparition offrirait alors deux perspectives majeures :

  • Elles constituent un mouvement sociétaire visant à remettre en cause, principalement depuis la crise de 2008, les banques et les intermédiaires financiers traditionnels

  • Elles constituent selon le rapport Landau, un progrès technologique permettant de réaliser des transactions anonymes a traves un réseau sécurisé et décentralisé et ce avec des participants qui ne se connaissent pas entre eux.

Aucune monnaie privée n’ayant réussi à subsister dans le temps, la question qui se pose à présent est de savoir si les crypto-monnaies sont destinées à chambouler l’économie basée sur les monnaies traditionnelles. Edouard Lamoine ajoute « En cette ère numérique où les monnaies s’utilisent sous forme dématérialisée, les choses pourraient se passer différemment avec les crypto-monnaies, puisque les grandes plateformes d’échanges pourraient en venir à proposer leur propre monnaie. On a déjà eu récemment des échos d’une possible monnaie virtuelle chez Facebook !» A suivre donc…

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