Méthodes traditionnelles de la gestion de projet

Il existe actuellement deux grandes catégories de méthodes de gestion de projet : les modèles classiques et agiles. Cette distinction est apparue avec les systèmes alternatifs d’organisation du travail comme l’EXtreme Programming, Kanban, Scrum, SAFe… Les méthodologies classiques ne sont pas pour autant caduques. Elles sont encore pertinentes sur les opérations strictement encadrées dès le départ. 

Quels éléments caractérisent l’approche classique de la gestion de projet ?

La méthode traditionnelle de gestion de projet est essentiellement définie par sa nature prédictive et rigide. Ces particularités sont perceptibles par opposition au côté évolutif et souple du modèle agile. L’approche classique est aussi caractérisée par :

  • L’organisation linéaire et séquentielle des tâches à accomplir (chaque étape doit être achevée avant d’entamer la suivante) ;
  • Le cadrage et la planification prédictifs (le projet doit se conformer à un cahier des charges rédigé en amont et précisant les caractéristiques des livrables) ;
  • Le manque d’interaction avec le client durant la phase d’exécution (le cahier des charges sert de repère et transmet les exigences sur le projet) ;
  • Le manque de souplesse (la finalisation d’une tâche est irrévocable, même si la situation a évoluée entre-temps).

Ainsi, l’efficacité du modèle repose foncièrement sur le travail préparatoire, incluant l’étude de faisabilité en gestion de projet, les spécifications… La méthode classique risque par ailleurs d’entraîner un effet tunnel. Ce phénomène se traduit par un manque de visibilité entre la conception et la réalisation du projet. Le client peut donc être déçu à la livraison. En effet, ses attentes ont pu changer entre le lancement et la finalisation du projet. 

Quels éléments caractérisent l’approche classique de la gestion de projet ?
Source Michail Petrov / Shutterstock

Quelles sont les méthodes classiques de la gestion de projet ?

Le modèle en cascade est sans doute la méthode traditionnelle de gestion de projet la plus connue. Effectivement, il était très répandu avant l’introduction de la notion d’agilité dans les méthodes de la gestion de projet. Il existe toutefois d’autres méthodologies classiques moins populaires comme la planification PERT. De son côté, le cycle en V est souvent présenté comme l’alternative au système Waterfall. 

Méthode en cascade

Le nom de la méthode en cascade vient de ses principes et de son fonctionnement. En effet, le cycle de vie du projet est découpé en une succession de séquences. Le flux de travail doit donc aller dans une seule direction et suivre un ordre précis. Autrement dit, vous ne pourrez pas revenir sur une tâche déjà réalisée. Il faudra par ailleurs boucler une étape avant de lancer la suivante. 

L’image de la cascade montre clairement le caractère inflexible et unidirectionnel du workflow avec la méthode Waterfall. Dans la pratique, il reste néanmoins possible de revenir sur une phase terminée. Une telle initiative augmentera toutefois les coûts des tâches en question. Ainsi, remonter le flux est rarement envisageable. Il s’agit à la fois du point fort et de la faiblesse de ce modèle classique. 

Cette méthode est parfaite pour maîtriser le budget d’un projet. Cependant, vous devrez définir en amont des échéances et des estimations réalistes. Il faudra aussi évaluer avec précision les besoins financiers, matériels et humains. En cas d’erreur, vous risquez de bloquer le modèle en 6 étapes (exigences, conception, réalisation, tests, lancement et maintenance). 

Méthode en cascade
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Cycle en V

Le cycle en V peut être considéré comme une version étendue du modèle Waterfall. Effectivement, il se base aussi sur une succession de séquences. La méthode se distingue toutefois par l’ajout d’une phase ascendante symétrique à la cascade (phase descendante). Le graphique de la démarche donne un « V », d’où son nom. 

La première phase consiste à concevoir le produit, tandis que la seconde se résume à vérifier les résultats de chaque pallier. Ce modèle comporte ainsi 9 étapes réparties par groupe de 4 avec l’exécution comme point d’inflexion. Concrètement, les étapes se déroulent dans cet ordre :

  • Exigences et analyse de faisabilité ;
  • Spécifications des livrables à travers le cahier des charges ;
  • Conception globale ;
  • Conception détaillée ;
  • Exécution ou réalisation ;
  • Tests unitaires (détaillés) ;
  • Vérification d’intégration (globale) ;
  • Évaluation de la conformité avec le cahier des charges ;
  • Acceptation et lancement, si le produit correspond aux exigences initiales.

Le dernier point est généralement appelé recette fonctionnelle dans la gestion de projet informatique

PERT

Le modèle est relativement méconnu par rapport aux deux systèmes précédents. Pourtant, de nombreuses équipes ont pu bénéficier des atouts de cette méthode traditionnelle de gestion de projet. L’acronyme PERT signifie Program Evaluation and Review Technique. L’objectif est d’optimiser l’ordonnancement des tâches pour faciliter la coordination des intervenants et améliorer leur efficacité. 

Dans les outils de la gestion de projet, cette méthode est souvent classée parmi les graphiques et les fonctionnalités similaires. Ainsi, elle est surtout connue des adeptes du diagramme de Gantt. Un visuel PERT se distingue toutefois par l’échelle utilisée sur le graphique. Il met l’accent sur la succession de tâches au lieu de la durée d’exécution. Vous visualiserez donc un enchaînement d’actions et non un calendrier. 

Ce modèle peut être rapproché de la méthode du chemin critique (critical path). En effet, le diagramme aide chaque collaborateur à visualiser sa mission dans la succession et les interdépendances des actions à effectuer. Cette fois-ci, les temps de réalisation se calculent à partir d’une échéance fixe. La technique convient donc face à des dates limites imposées par l’entreprise, les clients, les sous-traitants

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