Nous sommes le matin du 19 février 1512. La grande église de la ville de Brescia est pleine à craquer. Les femmes et les enfants se pressent les uns contre les autres, tremblants de peur; espérant, ainsi protégé dans la maison de dieu, échapper au massacre du cruel envahisseur. Les troupes françaises, menées par le redoutable Gaston de Foix, viennent de prendre la ville. Le petit Niccolo a douze ans, il se presse contre la poitrine de sa mère, avec son frère et sa sœur. Leur père était mort quelques années auparavant, et la famille était alors devenue trop pauvre pour pouvoir fuir loin du conflit. Le silence se fait dans l’édifice sacré, alors qu’à l’extérieur gronde un bruit de foule, de plus en plus fort, de plus en plus proche. Les respirations s’arrêtent et les corps se serrent les uns contre les autres, dissimulés derrière les piliers, l’autel, les bancs… Soudain la porte se brise dans un fracas épouvantable, et une troupe s’engouffre à l’intérieur. Les cavaliers lancés au galop brandissent leurs épées ensanglantées et découpent les corps sans défense, qui ne peuvent plus fuir. Niccolo voit un cavalier descendre de cheval et s’approcher du pilier où sa famille est terrée. L’épée se dresse, et s’abat, impitoyable, sur son crâne de petit garçon. Dans la précipitation, sa mère sera épargnée. Cette dernière relève le corps inanimé de Niccolo. Deux grandes entailles barrent son visage. Sa mâchoire et son crâne sont fracassés, mais il est vivant !



