Le voyage en Egypte de Thalès pour les Pythagoriciens

Le voyage en Egypte de Thalès pour les Pythagoriciens

C’est pour l’Egypte que Thalès s’embarqua, quittant pour la première fois la terre d’Ionie où jusqu’alors il avait vécu. Sur les côtes Egyptiennes, il changea d’embarcation pour un bateau plus petit  afin de remonter le Nil.

Le voyage en Egypte

Après plusieurs jours de voyage, il les aperçut, dressée sur un plateau non loin de la rive : Khéops, Khephren, et Mykérinos ! Thalès n’avait jamais rien vu d’aussi impressionnant de sa vie. Les dimensions des pyramides dépassaient tout ce qu’il avait pu imaginer. A mesure qu’il s’approchait, sa marche se fit plus lente, comme si le monument, par sa seule masse, parvenait à ralentir ses pas. Il fini par s’asseoir, à bonne distance, pour contempler.

Cette pyramide avait été dressée par le Pharaon dans le seul but de faire sentir aux hommes leur petitesse. Plus grande elle serait, plus infimes nous serions. Il était parvenu à nous contraindre d’admettre qu’entre les hommes et cette pyramide, il n’y avait aucune commune mesure.

Et en effet, bien que construite par les hommes, la hauteur de la pyramide de Khéops restait impossible à mesurer. Ce monument défiait les hommes depuis 2000 ans.

Thales releva le défi, et se jura alors que si sa main ne pouvait pas le faire, sa pensée parviendrait à mesurer l’édifice. Il resta toute la nuit au pied de la pyramide, à réfléchir.

Au petit matin les rayons du soleil percèrent l’horizon. Thales se leva, et contempla son ombre gigantesque. Il devait se trouver un allié à la hauteur de son adversaire. Son regard alla de son ombre à celle de la pyramide. Les deux ombres rapetissaient tandis que le soleil montait dans le ciel. Il venait de trouver son allié.

Que ce soit l’Hélios des grecs ou le Râ des Egyptiens, le soleil ne fait aucune différence entre les choses. Il les traite de la même façon, rendant possible la mesure commune.

« Le rapport que j’entretiens avec mon ombre est le même que celui que la pyramide entretien avec la sienne » se dit Thalès. Ainsi, à l’instant où mon ombre est égale à ma taille, l’ombre de la pyramide est égale à sa hauteur !

Thalès traça au sol un cercle de diamètre égal à sa taille et se plaça au centre. Un collaborateur attendait près de la pyramide. A l’instant où l’ombre de Thales eu atteint le cercle, l’associé planta un pieu à l’extrémité de l’ombre de la pyramide. Il ne restait plus qu’à mesurer au sol la distance entre le pieu et le centre de la pyramide.

Thales avait réussi à mesurer le lointain, le vertical, l’inaccessible, par le proche, l’horizontal, l’accessible? Ce fut le début de sa réflexion sur les proportions et les formes.

Comme il établit que « toutes formes semblables avaient les mêmes proportions », il devait aboutir à son célèbre théorème des proportions, enseigné aujourd’hui encore.

Pythagore et l’école pythagoricienne

Pythagore est un contemporain de Thalès, et comme pour ce dernier, on ne dispose d’aucune ?uvre écrite de sa main. On sait qu’il est né dans l’île de Samos au milieu de la mer Égée et qu’il est mort à Crotone, dans l’extrême sud de l’Italie, au VIe siècle avant notre ère. À l’âge de 18 ans, Pythagore participa aux jeux olympiques, et remporta toutes les épreuves de pugilat. Après sa victoire, il décida de voyager. Il allât en Ionie, toute proche, et rencontra Thales, avec qui il passa quelques années. Puis il se rendit en Syrie où il séjourna auprès des sages phéniciens qui l’initièrent aux mystères de Byblos. Il séjourna ensuite au mont Carmel (le Liban actuel) d’où il embarqua pour l’Egypte, où il devait séjourner 20 ans.

Dans les temples des rives du Nil, il acquit tout le savoir initiatique des prêtres Egyptiens. Il rapportera d’Egypte entre autre le pentagramme, qui deviendra l’emblème de son école, et la théorie des nombres.Et voilà que les Perses envahirent le pays. Pythagore est alors fait prisonnier, et est emmené à Babylone. Il y restera plus de douze ans, et acquiert dans la capitale mésopotamienne tout le savoir des scribes et des mages.Après 40 ans d’absence, Il retourne à Samos.

Mais à Samos régnait Polycrate le tyran, et Pythagore, plein de raison et de sagesse, haïssait les tyrans. Alors il repartit. Cette fois vers l’ouest, sur les côtes de la grande Grèce. Il débarqua à Sybaris, au sud de l’Italie, connue comme la citée de tous les plaisirs.

L’école de Pythagore

C’est dans la citée voisine de Crotone que Pythagore s’installa pour y fonder son école. L’école Pythagoricienne dura près de 150 ans et ne compta que 218 membres exactement. Parmi eux il y eu, forcements, de célèbres mathématiciens : Hippocrate de Chios, Théodore de Cyrène, Philolaos, Archytas de Tarente, et Hippase notamment.

Pythagore voyait des nombres partout, et avait avec eux un rapport mystique profond. Il proposa ainsi une véritable vision mathématique du monde. A commencer par la musique. Il décrivit les accords harmoniques comme des rapports de nombre. (l’octave 1/2, la quinte 2/3?). Ainsi des rapports numériques pouvaient-ils rendre compte de l’harmonie. La gamme, et donc la musique devenaient mathématiques. Mais les pythagoriciens allaient plus loin, et étendaient la notion d’Harmonie à tout ce qui est. Ils voyaient la musique du monde dans tout ce qui existe, et les rapports numériques également. Ils parlèrent ainsi de l’harmonie des sphères, pour expliquer l’organisation de l’univers, et inventèrent un mot : Le COSMOS, l’ordre et la beauté (numérique bien sûr) qui s’oppose au CHAOS dans l’acte de création.

Pour donner à la Nature un fondement numériques, les Pythagoricien avaient pour quête d’étudier les nombres dans leur essence. Ce faisant, il donnèrent naissance à l’arithmétique, la science des nombres. Ce sont les premiers à établir des groupes qui nous paraissent aujourd’hui évidents comme les nombres pairs et impairs.Pour devenir membre de l’école de Pythagore, Pythagore testait les candidats, appelés acousmaticiens. Un maître se tenait derrière un rideau, de manière que les postulants l’entendent mais ne le voient pas. Ces derniers devaient écouter, et jurer de garder pour eux ce qu’ils avaient entendu. S’ils ne parvenaient pas à tenir leur langue, ils étaient expulsés. L’épreuve durait 5 ans. Ce qui explique que seulement 218 membres passèrent de l’autre coté du rideau, en 150 ans?

La connaissance se transmettait ainsi, oralement. Les acousmaticiens recevaient les résultats sans les démonstrations, les initiés (les mathématiciens) recevaient les résultats et les démonstrations, qui avaient bien plus de valeurs que les résultats seuls. Cette transmission orale imposait un travail colossal sur la mémoire. Les candidats qui postulaient devaient donner tous leurs biens à la communauté. S’il était expulsé de l’école, il se voyaient remettre le double de ce qu’il avait déposé en entrant, car on lui remettait en argent ce qu’il n’avait pas su prendre en savoir. On lui creusait également un tombeau scellant sa mort symbolique.

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